Sur la frontière du temps
عن و على حدود الزمن
On the Border of Time
Une relève méditerranéenne
21 mai – 9 août 2026
Vernissage le 20 mai, 17h
La Fiche la Belle de Mai
5e étage Tour
Sur la frontière du temps, Une relève méditerranéenne réunit seize artistes issu·es des écoles des Beaux-Arts du Maroc, d’Algérie, du Liban et du sud de la France. À travers une pluralité de disciplines, leurs pratiques s’énoncent en regard de la Méditerranée — comme un point d’ancrage qui informe leurs préoccupations et depuis lequel iels agissent.
Le titre instaure une double perspective, à la fois contextuelle et conceptuelle. Si Une relève méditerranéenne désigne une génération et une géographie, Sur la frontière du temps convoque une expression de Michel Foucault dans L’Archéologie du savoir pour décrire un seuil où la continuité s’interrompt : un espace à la fois proche et lointain.
Les œuvres surgissent de cette condition, entre un passé qui s’actualise sous des formes fragmentaires ou mouvantes et un présent-future traversé par des forces qui le dépassent. La Méditerranée, souvent fantasmée comme un ensemble monolithique, devient ici le lieu d’une négociation temporelle et spatiale. Ses eaux, ses flux et ses strates mémorielles ne sont pas des sujets de représentation ; ils sont des interlocuteurs.
Tout au long de l’exposition, les thématiques du mouvement et du seuil reviennent en écho : états d’entre-deux, héritage et métamorphose de la mémoire, intrication de l’histoire et du mythe, ou encore place du vivant non-humain au sein de ces récits.
Chaque œuvre s’affirme comme un événement singulier, ancré dans ses propres nécessités. L’exposition procède ainsi d’une logique de la rencontre plutôt que du groupement, résistant à l’injonction d’assigner les œuvres à leur géographie d’origine ou à l’expression d’identités figées.
Affranchies de cette fonction représentative, les œuvres cessent de décrire le monde pour en structurer les conditions de reconfiguration. Elles forment un ensemble où leur résonance mutuelle naît d’une condition partagée, un sol commun sur lequel elles s’élèvent : la discontinuité.
On y croise les derniers jours d'un taureau de combat camarguais ; une mise en scène de la campagne d'Égypte de Napoléon ; des photographies d'un album de famille délaissées et décolorées par le soleil ; une couronne suspendue de corps enchevêtrés ; un instant de doute dans un cimetière libanais ; des sculptures oscillant entre vécu et mythologie ; les cicatrices d'une traversée possible ; et les Trente-Six Justes luttant pour maintenir l'équilibre.
À travers des récits fragmentés, des réactivations et des gestes spéculatifs, l’exposition interroge : qu’advient-il du sens, de la mémoire et du savoir lorsque la continuité ne peut plus être présumée, lorsque le fil se rompt ?
Les œuvres s’accompagnent d’une composante discursive : la transcription d’une conversation chorale où les artistes déploient les processus de pensée à l’œuvre. Ce dialogue inscrit cette relève méditerranéenne autant comme une contre-archive provisoire que comme une invitation à tenir ouverte la frontière du temps.
Avec :
Oumayma Abouzid Souali
Anouch Basbous
Mounia Bouchra
Francesco Canova
Noémie Cartailler-Combe
Alexia Croset
Houssem Harrak
Gil Lekh
Oualid Lazrak
Christina Maalouf
Oussama Mahdhi
Maëva Pillon
Achraf Saadi
Loutfi Souidi
Fella Tamzali
Amir Youssef
Commissariat de l’exposition par Soukaina Aboulaoula
Dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, une production Parallèle — Pratiques artistiques émergentes internationales avec les écoles membres du réseau L’école(s) du Sud et quatre partenaires de MIRAMAR - l’Académie Libanaise des Beaux-Arts, DARET, l’Institut national des Beaux-Arts de Tétouan et Les Ateliers Sauvages. Avec le soutien de l’Institut français, l’Institut français d’Algérie, l’Institut français du Maroc, l’Institut français du Liban, de la Drac PACA dans le cadre du programme Culture Pro et en coproduction avec la Friche la Belle de Mai.